Jean-Michel Blaise
Fondateur — PerfEco Consulting NC ·
Série Exécution Stratégique · Article 8/8 · Fin de série
Disponible en synthèse sur perfeco.nc (FR) → et perfeco.nc (EN) →
Huit semaines, sept constats. À chaque épisode, un symptôme différent — des plans qui n’aboutissent pas, des projets qui ralentissent, des réunions qui n’arbitrent rien, des indicateurs qui ne déclenchent rien. Mis bout à bout, ils ne décrivent pas sept problèmes. Ils décrivent le même, vu sous sept angles.
Sources citées
McKinsey & Company, What is an operating model and why does it matter? et The new rules for getting your operating model redesign right ; McKinsey & Company, The State of Organizations 2026.
Ce que huit semaines ont montré
Reprenons la série dans l’ordre :
- Les plans stratégiques n’aboutissent pas
- Une stratégie ne suffit pas
- La richesse ne suffit pas
- Les projets ralentissent
- Les réunions ne remplacent pas le pilotage
- Le COMEX manque de visibilité
- Les KPI ne font pas la performance
Sept symptômes, une même racine : l’organisation est construite pour fonctionner, pas pour exécuter. Elle est optimisée pour produire, livrer, tenir ses engagements courants — ce qu’elle fait souvent très bien. Elle n’est pas outillée pour faire avancer une intention stratégique à travers ses propres couches.
Le fil rouge
Une stratégie n’échoue presque jamais par manque d’ambition. Elle échoue parce que l’organisation n’a jamais été alignée derrière elle.
Le réflexe est de refaire un plan
Quand l’exécution déçoit, la réponse la plus fréquente est de relancer un cycle stratégique : un nouveau plan, de nouveaux objectifs, un nouveau reporting. Trois choses changent. Une seule ne change pas : la façon dont on décide, dont on se réunit, dont l’information remonte et dont on mesure.
Autrement dit, on change le contenu de la stratégie sans toucher au système qui devait la porter. C’est pour cela que le plan suivant échoue le plus souvent exactement comme le précédent — et pour les mêmes raisons, qu’on redécouvre à chaque cycle.
McKinsey décrit le modèle opérationnel comme ce qui doit produire quatre résultats mesurables : clarté, vitesse, compétences et engagement — la clarté signifiant que les ressources et les responsabilités sont réellement alignées sur la stratégie. C’est précisément le maillon qui manque quand on se contente de réécrire le plan.
Les 4 alignements, dans cet ordre
1. Décider
Qui tranche, à quel niveau, sans remonter au comité de direction. Des droits de décision explicites, pas implicites. C’est le point de départ parce que tout le reste en dépend : un rythme de pilotage sans autorité de décision claire ne produit que des comptes rendus.
2. Rythmer
Un rituel court, à date fixe, qui produit des arbitrages — pas un tour de table d’information. La question n’est pas combien de réunions vous tenez, mais combien de décisions en sortent.
3. Voir
L’information qui remonte du terrain sans être adoucie à chaque étage hiérarchique. Un comité qui décide sur une version arrangée de la réalité décide bien — sur les mauvaises données.
4. Mesurer
Des indicateurs qui déclenchent une décision, pas une ligne de reporting de plus. Chaque indicateur a un propriétaire nommé, une date de revue, un seuil fixé à l’avance et une décision pré-engagée.
L’ordre compte
Mesurer avant d’avoir clarifié qui décide ne produit rien. C’est pour cela que tant de tableaux de bord, pourtant bien construits, restent lettre morte.
Par où commencer
Trois questions à poser à votre comité de direction, de préférence dans cet ordre :
- L’alignement le plus faible. Sur les quatre — décider, rythmer, voir, mesurer — lequel est le plus faible chez vous, et depuis combien de temps le savez-vous ?
- Le test de la semaine type. Sur votre dernière semaine complète, combien d’heures ont servi à faire tourner l’organisation, et combien à faire avancer la stratégie ?
- Le test final. Si vous n’écriviez aucun nouveau plan cette année, exécuteriez-vous mieux ou moins bien celui qui existe déjà ?
La troisième question est la plus inconfortable, et la plus utile. Si la réponse est « mieux », le problème n’a jamais été la stratégie. Il a toujours été l’organisation qui devait la porter — et c’est une bonne nouvelle, parce que c’est la partie sur laquelle un dirigeant a réellement prise.
Un dernier point, pour les organisations calédoniennes et du Pacifique en particulier : la taille des équipes rend ces quatre alignements plus faciles à traiter qu’ailleurs. Peu de niveaux hiérarchiques, des circuits courts, des dirigeants proches du terrain. L’avantage structurel est réel — encore faut-il l’utiliser plutôt que de reproduire les lourdeurs des grandes organisations.
Question de diagnostic
Sur les quatre alignements — décider, rythmer, voir, mesurer — lequel traiteriez-vous en premier, et qu’est-ce qui vous en a empêché jusqu’ici ?
Par quel alignement commencer ?
PerfEco aide les directions générales à aligner décision, rythme, information et indicateurs derrière la stratégie — dans cet ordre.
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Série Exécution Stratégique — fin de série
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